Souvenez-vous, nous avions déjà évoqué
la chérie dans l'article sur la MG42 d'il y a un an, quatre
mois, trois jours, vingt heures et cinquante-quatre minutes.
La MG34 résultait d'un projet commencé durant la
Première Guerre Mondiale, qui était d'introduire une
mitrailleuse universelle, pouvant donc être
légère, lourde ou anti-aérienne. La
première esquisse était la MG08/15, version
allégée de la MG08, toutefois encore trop lourde pour
atteindre la mobilité d'une mitrailleuse
légère. Le refroidissement par eau fut
abandonné au profit du refroidissement par air (notable sur
la MG08/18).
Après la WWI, le Traité de Versailles, qui
interdisait à l'Allemagne la poursuite de recherches sur les
mitrailleuses, n'arrêta pas pour autant ces dernières
qui eurent lieu tout à fait logiquement dans d'autres pays
germaniques (la Suisse et l'Autriche). Les modèles MG13 de
Dreyse (dont le 13 cherche un peu naïvement à faire
croire qu'elle date d'avant la WWI) et Solothurn S2-200 ont
notamment apporté l'inspiration aux ingénieurs de
Rheinmetall, qui dès 1929 proposèrent leur premier
prototype, marquant la fin de l'hypocrisie et le début de la
violation délibérée du Traité de
Versailles.
Après quelques déboires, ces derniers
s'associèrent à la firme Mauser qui était
à peu près dans la même situation, afin de
faire avancer en commun les essais de mitrailleuse universelle. Et
finalement, leur modèle présenté en 1933 fut
approuvé après tests. Nous tairons les disputes de
brevets qui s'ensuivirent, bien compréhensibles pour savoir
qui allait remporter le morceau.
Ainsi naquit la MG34.
Elle remplissait les objectifs assignés à une
mitrailleuse universelle: pouvant être utilisée comme
mitrailleuse légère (avec un simple bipied
plaçable à différents endroits de la gaine de
canon), anti-aérienne (en double sur le Zwillingssockel 36,
ou simplement sur un trépied léger et
surélevé) ou lourde (sur l'installation Lafette,
très perfectionnée et autorisant une portée
directe de 3000 mètres), elle était la
première de sa classe et la meilleure mitrailleuse de son
temps (ce ne sont pas des synonymes, par "classe" j'entends
"mitrailleuse universelle", bande de gros malins). Elle
intégrait en outre de nombreuses fonctionnalités,
absentes sur la MG42 pour raisons économiques:
intégrer une bande par la droite au lieu de la gauche ou
utiliser un double chargeur-tambour de 75 coups en
remplaçant le couvercle (contenant le mécanisme
d'alimentation), et un mode semi-automatique accessible tout
simplement en pressant la partie supérieure de la
détente au lieu de l'inférieure.
Changer de canon était plus long que pour la MG42, mais
ça n'en était pas moins d'une grande facilité:
en déverrouillant la gaine de canon et après avoir
ramené la culasse à l'arrière en armant
l'engin, on faisait tourner la gaine et le canon d'un angle de
120° par rapport au reste de l'arme; il ne restait plus
qu'à retirer le canon (chaud, il fallait donc prévoir
une moufle et la griffe terminant une chaîne de cartouches),
en placer un nouveau et réassembler le tout.
Les raisons du remplacement de cette petite merveille par la MG42
ont déjà été citées dans
l'article sur cette dernière, rappelons-les tout de
même: une sensibilité gênante au froid
extrême et à la poussière/crasse/boue, ainsi
qu'un coût de production et un nombre d'heures de travail
trop élevés. Eh oui, l'arme était
usinée avec précision, et c'était là la
source de tous les problèmes. Selon un auteur anglais de
l'époque, la Wehrmacht disposait ainsi d'une arme trop bonne
pour les exigences de la guerre: "L'introduction d'une arme aussi
précise et distinguée dans une guerre âpre
revient à utiliser une Rolls-Royce pour aller labourer un
champ."
Néanmoins, la MG34 était mieux appropriée
à un rôle de mitrailleuse de char que la MG42, et
c'est là qu'on la retrouva jusqu'à la fin de la
guerre.
Quelques renseignements sur l'arme:
-taille: 1m.22
-masse: 11,5 kg.
-alimentation: bande de 50 (également contenue dans un
chargeur-tambour, le même que celui de la MG42), 100, 150,
250 ou 300; double chargeur-tambour de 75
-calibre: 7,92x57
-cadence de tir: 850 coups/minute
-fonctionnement: automatique (emprunt de gaz et culasse ouverte) et
semi-automatique
-vitesse initiale du projectile: 755 m./s..