Lunette de Sniper.  posté le jeudi 01 février 2007 19:47

Diantre, mais nous sommes déjà au vingtième article de ce blog! Comme le temps passe vite. Ne faisons pas mentir la tradition que je viens d'instaurer, et sortons de l'ordinaire avec une petite vidéo: vous, les Snipers en herbe, inspirés par les tirs lointains et l'aspect d'élite qui émane des armes de tireurs du même nom; vous les Scharfschützen, Marksmen et autres Снайперы virtuels, vous aimeriez savoir ce que ça fait de regarder dans une vraie lunette, n'est-ce pas?

Soyez comblés. Un petit coup d'oeil dans ma Kahles 4x pour Kar98K vous fera faire les observations suivantes: 1.) l'oeil doit être à une certaine distance de l'optique, ni trop près, ni trop loin; 2.) il est plus facile et instinctif de s'approcher d'un fusil à lunette à l'oeil nu qu'avec un appareil photo numérique, fût-il de petite taille, et 3.) un reflet de cet appareil ne gêne toutefois pas la visée générale. Avec l'oeil nu ça ne pose aucun problème.

La Kahles 4x est une lunette bénéficiant d'une bonne luminosité, réglable de 100 à 800 mètres (le viseur descend au fur et à mesure qu'on tourne la molette) et dont le viseur "Trinité" est assez épais pour une visibilité constante et toutefois assez précis et fin pour ne pas gêner la visée. Le montage est une "Petite Tourelle", et une extension du tube métallique avant permet de protéger la lentille contre les intempéries. Le grossissement 4x était pratique jusqu'à 600 mètres, au-delà le Sniper chevronné optait plutôt pour une Zeiss 6x.

Ce 20e article aurait dû coïncider avec mes 20 ans, mais avec les examens et la super mise à jour cela n'a pu se faire. Il y avait un retard de 25 jours à rattraper, et nous dirons que c'est maintenant chaussette (chose faite). Gotlib piquait soi-disant ses calembours à Fred, moi c'est à Red (XIII). Merci Red.

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Le Samozaryadnaya Vintovka Tokareva 40.  posté le jeudi 01 février 2007 18:27

Blog de buteur87 :Armes de la WWII., Le Samozaryadnaya Vintovka Tokareva 40.

Ça c'est du titre, n'est-ce pas? Suite aux problèmes rencontrés sur le précédent modèle de fusil semi-automatique russe, l'AVS36, Tokarev eut une nouvelle fois l'occasion de concourir avec Simonov pour la présentation de leurs modèles améliorés, et cette fois c'est lui qui l'emporta. Une rumeur prétend que c'est parce qu'il connaissait Staline, mais cela ne nous regarde pas.

Le SVT38 fut donc adopté, mais les évaluations de combat ne purent être obtenues avant le début du conflit, forcément. Celles-ci, exprimées pendant la Guerre d'Hiver, furent plutôt défavorables: les soldats se plaignaient que le fusil était trop long, trop encombrant, difficile à entretenir et que son chargeur avait tendance à tomber tout seul. Tous ces problèmes n'étaient pas à mettre sur le compte du fusil, toutefois c'était suffisant pour songer à une amélioration. La production s'arrêta en avril 1940, et celle du SVT40 commença en juillet de la même année.

 

Il s'agissait d'une des premières armes à utiliser un système de récupération des gaz par un piston au-dessus du canon. C'était également un fusil qui ne correspondait pas aux idéaux de production russe: plutôt compliqué et peu accessible aux personnels mal entraînés, le SVT40 était moins facile à produire que d'autres armes. De grands efforts avaient été faits dans le domaine de la réduction de la masse, ce qui avait eu pour effet secondaire de rendre son mécanisme sensible à la corrosion occasionnée par les cartouches russes si on ne le nettoyait pas fréquemment. C'est ce qui explique en partie sa faible popularité auprès du soldat russe lambda, peu entraîné et sans doute incapable de tirer profit de toutes ses capacités, contrairement aux troupes de l'Infanterie Navale qui en faisaient bon usage.

Au début, le SVT40 fut produit en nombres assez gargantuesques (au détriment même du M91/30), mais durant les premiers mois de l'invasion de l'URSS par les Allemands, ces derniers en capturèrent des centaines de milliers, car eux savaient apprécier son semi-automatisme (sans pour autant adorer leur propre modèle, le G41, beaucoup moins bon que le futur G43 qui fut en partie basé sur le SVT40, ça vous revient?); ils rédigèrent même leur propre manuel de campagne pour cette arme. Pour pallier cette grande perte, la production du M91/30 fut reprise. De plus, comme les griefs des soldats étaient toujours les mêmes (à part pour le chargeur) et que le SVT40 restait toujours aussi long et compliqué à fabriquer (selon les normes russes, rappelons-le), la production s'atténua jusqu'à être complètement arrêtée en janvier 1945.

Son chiffre atteignit quand même les 1 600 000 unités.

 

55 000 d'entre elles étaient destinées au tir de précision, et équipées d'une lunette PU 3,5x légèrement plus courte que celle du M91/30; néanmoins, la dispersion verticale importante du SVT40 ne convenait pas pour un fusil de Sniper, et la production fut arrêtée en 1942.

 

Quelques renseignements sur l'arme:

-taille: 1m.23

-masse: 3,8 kg.

-alimentation: chargeur de 10

-calibre: 7,62x54 R

-fonctionnement: semi-automatique (emprunt de gaz et culasse fermée)

-vitesse initiale du projectile: 840 m./s..

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La Maschinengewehr 34.  posté le jeudi 01 février 2007 15:07

Blog de buteur87 :Armes de la WWII., La Maschinengewehr 34.

Souvenez-vous, nous avions déjà évoqué la chérie dans l'article sur la MG42 d'il y a un an, quatre mois, trois jours, vingt heures et cinquante-quatre minutes.

La MG34 résultait d'un projet commencé durant la Première Guerre Mondiale, qui était d'introduire une mitrailleuse universelle, pouvant donc être légère, lourde ou anti-aérienne. La première esquisse était la MG08/15, version allégée de la MG08, toutefois encore trop lourde pour atteindre la mobilité d'une mitrailleuse légère. Le refroidissement par eau fut abandonné au profit du refroidissement par air (notable sur la MG08/18).

Après la WWI, le Traité de Versailles, qui interdisait à l'Allemagne la poursuite de recherches sur les mitrailleuses, n'arrêta pas pour autant ces dernières qui eurent lieu tout à fait logiquement dans d'autres pays germaniques (la Suisse et l'Autriche). Les modèles MG13 de Dreyse (dont le 13 cherche un peu naïvement à faire croire qu'elle date d'avant la WWI) et Solothurn S2-200 ont notamment apporté l'inspiration aux ingénieurs de Rheinmetall, qui dès 1929 proposèrent leur premier prototype, marquant la fin de l'hypocrisie et le début de la violation délibérée du Traité de Versailles.

Après quelques déboires, ces derniers s'associèrent à la firme Mauser qui était à peu près dans la même situation, afin de faire avancer en commun les essais de mitrailleuse universelle. Et finalement, leur modèle présenté en 1933 fut approuvé après tests. Nous tairons les disputes de brevets qui s'ensuivirent, bien compréhensibles pour savoir qui allait remporter le morceau.

Ainsi naquit la MG34.

 

Elle remplissait les objectifs assignés à une mitrailleuse universelle: pouvant être utilisée comme mitrailleuse légère (avec un simple bipied plaçable à différents endroits de la gaine de canon), anti-aérienne (en double sur le Zwillingssockel 36, ou simplement sur un trépied léger et surélevé) ou lourde (sur l'installation Lafette, très perfectionnée et autorisant une portée directe de 3000 mètres), elle était la première de sa classe et la meilleure mitrailleuse de son temps (ce ne sont pas des synonymes, par "classe" j'entends "mitrailleuse universelle", bande de gros malins). Elle intégrait en outre de nombreuses fonctionnalités, absentes sur la MG42 pour raisons économiques: intégrer une bande par la droite au lieu de la gauche ou utiliser un double chargeur-tambour de 75 coups en remplaçant le couvercle (contenant le mécanisme d'alimentation), et un mode semi-automatique accessible tout simplement en pressant la partie supérieure de la détente au lieu de l'inférieure.

Changer de canon était plus long que pour la MG42, mais ça n'en était pas moins d'une grande facilité: en déverrouillant la gaine de canon et après avoir ramené la culasse à l'arrière en armant l'engin, on faisait tourner la gaine et le canon d'un angle de 120° par rapport au reste de l'arme; il ne restait plus qu'à retirer le canon (chaud, il fallait donc prévoir une moufle et la griffe terminant une chaîne de cartouches), en placer un nouveau et réassembler le tout.

 

Les raisons du remplacement de cette petite merveille par la MG42 ont déjà été citées dans l'article sur cette dernière, rappelons-les tout de même: une sensibilité gênante au froid extrême et à la poussière/crasse/boue, ainsi qu'un coût de production et un nombre d'heures de travail trop élevés. Eh oui, l'arme était usinée avec précision, et c'était là la source de tous les problèmes. Selon un auteur anglais de l'époque, la Wehrmacht disposait ainsi d'une arme trop bonne pour les exigences de la guerre: "L'introduction d'une arme aussi précise et distinguée dans une guerre âpre revient à utiliser une Rolls-Royce pour aller labourer un champ."

Néanmoins, la MG34 était mieux appropriée à un rôle de mitrailleuse de char que la MG42, et c'est là qu'on la retrouva jusqu'à la fin de la guerre.

 

Quelques renseignements sur l'arme:

-taille: 1m.22

-masse: 11,5 kg.

-alimentation: bande de 50 (également contenue dans un chargeur-tambour, le même que celui de la MG42), 100, 150, 250 ou 300; double chargeur-tambour de 75

-calibre: 7,92x57

-cadence de tir: 850 coups/minute

-fonctionnement: automatique (emprunt de gaz et culasse ouverte) et semi-automatique

-vitesse initiale du projectile: 755 m./s..

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La Thompson M1928A1 et M1A1.  posté le mardi 30 janvier 2007 18:53

Blog de buteur87 :Armes de la WWII., La Thompson M1928A1 et M1A1.

John T. Thompson fonda sa propre compagnie (Auto Ordnance Corporation) en 1916, avec l'idée de construire un nouveau fusil automatique intermédiaire (entre fusil et mitrailleuse) pour un usage plus pratique dans les tranchées. Il adhéra toutefois à l'idée proposée par ses collaborateurs Eickhoff, Goll et Payne, qui était de laisser tomber la cartouche de .30-06 au profit de la .45 ACP. Si vous voulez mon avis il avait plutôt intérêt, car j'imagine mal son arme rivaliser avec le BAR (les prototypes s'enrayaient après 5 à 7 coups).

Dès 1919 la qualité était au rendez-vous. Pour ce nouveau pistolet-mitrailleur, on aurait dénombré un seul enraiement sur 2000 coups tirés. Le modèle M1921 entra alors en production, avec à disposition un chargeur droit de 20 coups, ou circulaire de 100 ou 50 (ce dernier créé peu après le début de la production).

 

Le modèle M1928, conçu dans l'espoir qu'une commande par les Marines du modèle M1921 trouverait des suites grâce à cette nouvelle version, ne fut cependant adopté en tant que M1928A1 en 1938. Ses nouvelles caractéristiques étaient une cadence de tir légèrement réduite et un meilleur système d'éjection. Mais en réalité, contrairement à ce qu'on croit en visionnant des films de gangsters hollywoodiens, Thompson ne connut jamais le succès de son arme (il mourut en 1940).

Cependant, il s'agissait sans doute d'une question de prix; à 209 $, la M1928A1 n'était pas un modèle de production avantageuse. On tenta tout d'abord de la modifier, en remplaçant la coûteuse (et inutile, au vu de la portée de l'arme) hausse Lyman par un modèle beaucoup plus simple (comme celui de la photo, en bas); mais après Pearl Harbour, la demande en pistolets-mitrailleurs allait croissant, cette mesure ne suffisait plus et Thompson n'était plus là pour voir ça. Diantre! On repensa grandement l'arme: nouvelle culasse beaucoup plus simple, déportation du levier d'armement sur le côté droit, donc nouvelle carcasse, suppression définitive de la hausse Lyman ainsi que du compensateur Cutts et des rondelles de refroidissement qui striaient le canon,... Le modèle M1 fut donc adopté en avril 1942 (avec en bonus le nouveau chargeur droit de trente coups), suivi par la M1A1 (en haut sur la photo) en octobre de la même année. Ce dernier modèle atteignit en 1944 son prix le plus bas, à 45 $ pièce. Différences d'avec le modèle M1: culasse encore plus simplifiée et ajout d'ailettes de protection de la hausse, qui avait tendance à s'accrocher dans les vêtements des soldats.

Mais la Thompson ne pouvait pas rivaliser sur le point de vue financier avec les boîtes de conserve M3 et M3A1...

 

C'était une arme très solide, fiable et plutôt puissante, mais pas sans défauts: le manque de portée utile, le poids important et bien sûr le prix, jouaient en sa défaveur.

Néanmoins la Thompson resta en service en Corée et même au début de la Guerre du Vietnam.

 

Quelques renseignements sur l'arme:

-taille: 85 cm. (M1928A1), 81 cm. (M1A1)

-masse: 4,9 kg. (M1928A1), 4,8 kg. (M1A1)

-alimentation: chargeur droit de 20 ou 30, chargeur circulaire de 50 ou 100 (uniquement M1928A1)

-calibre: .45 ACP (11,43x23)

-cadence de tir: 800 coups/minute

-fonctionnement: automatique (emprunt de gaz et culasse ouverte), semi-automatique

-vitesse initiale du projectile: 280 m./s..

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Le Mosin-Nagant M91/30.  posté le mardi 30 janvier 2007 13:37

Blog de buteur87 :Armes de la WWII., Le Mosin-Nagant M91/30.

Voici un autre fusil qui tire ses origines d'assez loin en arrière, au même titre que le Mauser 98, même si probablement de qualité inférieure.

Il s'agissait de nouveau d'un besoin urgent en fusils modernes, ce qui poussa la Russie à réviser son armement depuis l'expérience traumatique d'avoir combattu des Turcs armés de Winchester avec des fusils Berdan à un coup. Deux armes restèrent dans la course après différents tests: celle de Sergueï Ivanovich Mosin, et celle du Belge Léon Nagant. Le modèle de ce dernier fut jugé supérieur, mais après débats, il fut décidé qu'un compromis était requis. Le Mosin-Nagant consistait donc en un fusil de trois lignes (c'est-à-dire 7,62mm.) de Mosin, adapté au système d'alimentation de Nagant, et fut adopté en 1891. Il y avait trois versions: Infanterie, Dragon et Cosaque.

 

Avec l'introduction de la nouvelle cartouche à balle pointue en 1908, le Mosin-Nagant subit une mise à jour et la nouvelle version se nomma 1891/10; le changement le plus visible était l'addition d'un appui-main supérieur. En 1930 eut lieu une nouvelle mise à jour, qui donna la version la plus produite des Mosin-Nagant: basée sur la version Dragon du 1891/10, l'amélioration la plus notable de celle-ci consistait en le remplacement de la hausse graduée en arshinii (mesure obsolète équivalente à 71 cm.) par une en mètres. Il y eut deux autres moutures plus "carabiniennes" par la suite, mais nous nous arrêterons à cette version, qui donna le célèbre fusil de Sniper PU utilisé entre autres par Vassili Zaïtsev, et qui était le seul à intégrer le levier d'armement courbé, plus pratique.

 

Chambrant la plus vieille munition de fusil encore en usage de nos jours, le M91/30 bénéficiait malgré tout d'une bonne précision et de bonnes balistiques. De plus, l'absence de gorge au profit d'un gros bourrelet sur la cartouche permettait une plus grande liberté quant aux dimensions de la chambre - mesure économique parmi d'autres. Comme beaucoup d'armes russes, il était également très fiable. Mais comme beaucoup d'armes russes, simplicité, fiabilité, faible coût et adéquation à son rôle étaient à peu près ses seules qualités.

Tous les M91/30 étaient conçus pour tirer équipés de leur baïonnette: la retirer signifiait une perte de précision à longue distance. Celle-ci rendait en outre le fusil déjà grand beaucoup trop long. Quant au levier d'armement droit, court par nécessité, il était moins facile et rapide à manier que le courbe. Si une cartouche se coinçait, il fallait beaucoup de force pour le manipuler.

 

Le Mosin-Nagant version Sniper fut retiré du service lors de l'adoption du Snaïperskaya Vintovka Dragunova, ou SVD Dragunov, dans les années 60.

 

Quelques renseignements sur l'arme:

-taille: 1m.23

-masse: 3,8 kg.

-alimentation: magasin interne de 5

-calibre: 7,62x54 R

-fonctionnement: manuel (culasse à verrou)

-vitesse initiale du projectile: 770 m./s..

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